12/10/2006

la france bafouee par l'iran

Ali Ahani, ambassadeur d’Iran en France, bafoue la liberté de la presse
Par Benjamin Sarfati pour Guysen Israël News
Mercredi 11 octobre 2006 à 23:07
Le 11 octobre 2006, le Dr Ali Ahani, ambassadeur de la république islamique d’Iran en France, a tenu une conférence de presse à l’invitation du Club de la presse arabe (CPA) au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE) à Paris. Il a refusé de répondre aux questions d’un journaliste israélien, Or Heller. Indigné, ce dernier a quitté la salle et invité ses confrères à le suivre. Trois journalistes, sur la quarantaine présents, l’ont suivi. Récit d’une deuxième tragédie journalistique dans un lieu du service public en moins de deux ans.

Le décor est le même : la salle de presse du CAPE au sein de la Maison de Radio-France.
L’organisateur identique : le CPA.
La salle est aussi bondée par des journalistes aussi divers – médias occidentaux et du monde arabe/musulman – et des représentants du CAPE y assistent.
A seize mois d’écart, la même scène – refus d’un dirigeant d’une entité islamiste de répondre aux questions d’un journaliste israélien - va se jouer avec le même dénouement - l’isolement de ce journaliste qui va quitter la scène, accompagné de trois journalistes – et la même défaite de la liberté de la presse.

La langue de bois iranienne
Dès l’abord, Michel Bounajem, un responsable du CPA, rappelle le thème de cette conférence de presse : « L’Iran, la crise nucléaire ».
Le communiqué de presse du CAPE précise : «
Le dossier nucléaire iranien se trouve à la croisée des chemins. Ses répercussions sur la région du Golfe et du Moyen-Orient et au-delà seront énormes.
Beaucoup de questions se posent, d'autres seront posées. Mais la principale pourrait se résumer ainsi : va-t-on à une nouvelle confrontation dans cette région hautement sensible qui n'assure pas moins de 65% du pétrole dans le monde ou peut-on toujours espérer qu'une solution diplomatique, politique verra le jour ?
Il est clair qu'une page, celle des négociations entre les autorités iraniennes et la Troïka européenne et au-delà les six (avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine) est presque tournée. Un nouveau chapitre commence. L'issue de la question dépend des puissances occidentales et des positions de l'Iran qui seront décisives. Pour répondre à ces interrogations, le Club de la Presse Arabe invite le Dr. Ali Ahani, Ambassadeur de la République Islamique d'Iran en France qui exposera les positions de son pays vis-à-vis de cette question
».

Puis, Michel Bounajem laisse la parole au Dr Ali Ahani, un diplomate persan chevronné, en poste en France depuis juillet 2006.
Titulaire d’un doctorat en gestion en France, le Dr Ali Ahani a été ambassadeur en France (1988-1993), en Italie, en Belgique et au Luxembourg, et auprès de l’Union européenne. Il a occupé la fonction de directeur général du continent américain, de l’Asie et de l’Océanie, de l’Europe de l’Ouest au ministère iranien des Affaires étrangères.
Autant dire qu’il a une solide connaissance des dirigeants, des médias et des opinions publiques occidentaux.

Sur un ton calme, un brin ennuyeux, il déroule le fil du discours classique iranien en s’accordant de nombreux bons points : « L’Iran a respecté le Traité de non-prolifération (TNP) qu’il a signé. Il agit avec responsabilité. Il ne cherche pas l’arme nucléaire. On insiste sur cette technologie pacifique qui peut être utile et nécessaire à notre développement économique. Tous les Etats signataires du TNP doivent profiter de cette technologie sous le contrôle de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) ». Bref, l’Iran se bat pour que d’autres Etats suivent son chemin…
Et d’ajouter : « L’Iran préfère la voix de la négociation dans laquelle il s’est engagé avec les trois pays européens et Javier Solana [Nda : Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l'Union européenne]. L’Iran est en négociation pour une solution convenable. Il n’a pas besoin de confrontation ni de guerre ». Un vrai pacifiste !

Le Dr Ali Ahani souligne deux points importants de ce dossier « délicat et compliqué : la reconnaissance des droits de l’Iran définis dans le TNP et les garanties accordées pour que les activités iraniennes ne dérivent pas vers des activités militaires ». Et d’interroger : « Pourquoi l’Iran n’aurait-il pas le droit de produire du combustible nucléaire ? On est obligé d’investir pour construire une vingtaine de centrales nucléaire ». Pour un peu, ce diplomate ferait oublier qu’avec le renchérissement du prix du baril de pétrole l’Iran a les moyens de sa politique.

Cet ambassadeur déplore : « Dommage que sous la pression des Américains, ce dossier va aller devant le Conseil de sécurité. Un transfert sans base juridique ni technique, mais avec une base politique. Il n’y a aucun lien entre le dossier iranien et celui nord-coréen ». Une manière de démentir les rumeurs persistantes depuis des années sur la fourniture de technologie nucléaire par la Corée du nord au régime des ayatollahs.
Le Dr Ali Ahani assure des bonnes relations de l’Iran avec ses voisins. Il évoque même une « coalition régionale pour fournir le combustible nucléaire pour d’autres pays ».

Au bout d’une dizaine de minutes, l’essentiel est dit. L’ambassadeur invite alors le modérateur, un peu étonné de la brièveté de l’exposé, à lancer le débat avec les journalistes.
Les questions sont directes. Le Dr Ali Ahani y répond sans être désarçonné, sans dévier de la ligne persane. De nouveau, il réitère son discours convenu, renchérissant sur la bonne volonté iranienne : « Lors des négociations, l’Iran a signé un protocole additionnel qu’il a appliqué avant sa ratification par le Parlement. On a accordé toutes sortes de surveillance. Après deux ans de négociations, on s’est aperçu que les pays européens ne sont pas sincères ».
Le Dr Ali Ahani prévient que si le dossier nucléaire est transmis au Conseil de sécurité, « le gouvernement iranien sera obligé de suspendre l’application de ce protocole ».

Interrogé sur « l’occupation par l’Iran des îles appartenant aux Emirats arabes unis (EAU) », ce diplomate reformule le problème : il s’agit d’«
îles iraniennes dans le golfe persique » (Nda : l'Iran occupe depuis 1971 les trois îles de la Grande Tom, de la petite Tomb et d’Abu Musa appartenant à un Etat des EAU).
Concernant « l’île d’Abu Musa, il y a un malentendu entre les deux côtés
». Mais « les documents – plans - historiques, montrent l’appartenance de ces îles à l’Iran ». Et de conclure : « Je ne vois pas que vous trouverez un pays qui accepte l’arbitrage international concernant la propriété de son territoire ».

Des satisfecits iraniens
Une journaliste grecque apostrophe cet ambassadeur : « Il y a une contradiction entre l’Iran qui se présente comme un pays démocratique et l’application de la charia, l’exécution des femmes, les droits de l’homme bafoués en Iran ». Et de défendre l’Etat d’Israël. Et d’expliquer que l’Iran envoie des armes au Hezbollah via la Syrie.
« L’Iran n’est pas contre les Juifs. Il les respecte. Nous en avons beaucoup en Iran. Ils ont leurs députés. Ils sont à l’aise en Iran. Si nous avons une position concernant le régime d’Israël, cela ne signifie pas qu’on est contre les Juifs. [Sur le Hezbollah], il y a une expression en Iran : « Approuvez votre fraternité. Demandez ensuite l’héritage ». Nous soutenons le Hezbollah qui a son rôle dans le gouvernement, le parlement libanais, dans la région. Le Hezbollah a montré son efficacité pour défendre la liberté du Liban et contre l’occupation israélienne », répond avec calme le Dr Ali Ahani qui dément toute fourniture d’armes par l’Iran à ce mouvement terroriste.
Quant aux droits de l’homme, il est « injuste de comparer la situation sociale, culturelle iranienne avec celle en France ou en Allemagne. Il faut comparer avec la situation dans les autres pays de la région ».
D’ailleurs, « l’Iran a progressé. Un juge a le droit d’ordonner la lapidation d’une femme. Mais on ne applique plus [cette sentence]. C’est un grand progrès ». Et distillant son fiel, il susurre : « On ne peut pas prétendre qu’en Europe la situation des droits de l’homme est idéale ».

Michel Bounajem rappelle vivement que la conférence est centrée sur le nucléaire iranien.

Revenant sur le programme nucléaire, l’ambassadeur iranien reconnaît un rôle éventuel joué par la France, mais sans que cela signifie la fin du « canal principal ». De toute façon, l’Iran est « pour le désarmement nucléaire dans le monde. Il a même proposé en 2005 une résolution à l’Assemblée générale des Nations unies, approuvée malgré l’opposition des Européens ».

Une agence koweitienne note que l’enrichissement nucléaire et le développement balistique iraniens sont supérieurs aux besoins du régime des ayatollahs et que les pays riverains sont inquiets pour l’environnement en raison du rôle des Russes, auteurs de la catastrophe de Tchernobyl, dans le Golfe ? Le Dr Ali Ahani répond : « Pourquoi être inquiets ? » Il avance une explication confuse et des propos creux sur l’importance accordée par son Etat aux questions environnementales.

A Georges Malbrunot, du « Figaro », il rappelle la guerre subie pendant huit ans par l’Iraq de Saddam Hussein. Il fait part des « relations fraternelles avec les principaux groupes en Iraq : sunnites, chiites, kurdes, turkmènes. Nous ne voulons pas déstabiliser l’Iraq. Regardez ce qu’on a fait en Afghanistan… »

Le lapsus iranien
Un journaliste prend la parole : « Or Heller, du journal israélien Maariv ». Il interroge : « Les Israéliens ont peur de votre bombe atomique, après que le président Ahmadinejad a dit qu’il veut rayer Israël de la carte. C’est pour cela que vous développez votre bombe ? Si les Etats-Unis attaquent l’Iran, vous envoyez les missiles contre Israël ou d’autres pays dans la région ? »
L’ambassadeur iranien tourne son visage du côté opposé au journaliste. Comme s’il attend une nouvelle question d’un autre journaliste. Un fin sourire sur le visage.
Eberlué, Or Heller reste silencieux quelques secondes. Puis il demande au diplomate persan de répondre à ses questions. Quelques voix dans l’assistance s’élèvent pour exprimer leur indignation : « C’est inadmissible ! On n’est pas à Téhéran ! Répondez-lui » Or Heller insiste : « On est à Paris, au CAPE. J’ai été invité par le Club de la presse arabe ».
On sent une houle d’exaspération qui pourrait se traduire ainsi : un journaliste israélien qui veut être respecté ? C’est le monde à l’envers ! Il nous fait perdre notre temps.
Or Heller n’en démord pas : il veut les réponses à ses questions.

Michel Bounajem soupire : « Je ne peux rien faire. Il [Nda : l’ambassadeur iranien] ne veut pas répondre… » Or Heller annonce qu’il quitte la salle et invite ses confrères à faire de même. Trois journalistes le suivent, dont la consœur grecque.
La conférence de presse se poursuit.

Quand Christian Habonneau, secrétaire général du CAPE, sort de cette salle une dizaine de minutes plus tard, GIN sollicite sa réaction. M. Habonneau élude et s’éloigne.

Pour sa première venue au CAPE, ce diplomate a agi comme Ali Daamouch, responsable des relations extérieures du Hezbollah refusant le 6 juin 2005, au CAPE, de répondre à un journaliste israélien Sefy Hendler. Guysen avait alors relaté ce scandale et sollicité diverses autorités. Il avait reçu ces seules réactions :
Dès le 7 juin, le porte-parole du Quai d’Orsay indiquait : « Le CAPE est un GIP, un Groupement d'intérêts publics, indépendant du ministère des Affaires étrangères. Le ministère des Affaires étrangères siège au Conseil d'administration ainsi que d'autres administrations. S'agissant de la liberté d'expression en France, je rappelle qu'il ne doit pas y avoir de discrimination à l'égard des journalistes. Sur le fond, le CAPE va écouter les cassettes, va évaluer cet incident ».

Le 8 juin, l’Ambassade d’Israël à Paris ’’ a protesté formellement auprès des autorités françaises après les propos tenus par Ali Daamouch au CAPE et le refus discriminatoire de répondre aux questions d’un journaliste en raison de sa nationalité israélienne ’’.
’’ Tout comportement d’ostracisme à l’égard d’un journaliste qui, quelles que soient sa nationalité, ses croyances, ses opinions, doit partout dans le monde être en mesure d’accomplir son devoir d’informer, doit être dénoncé ’’, écrivait Muriel de Pierrebourg, porte-parole de Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO (Paris), à GIN.
Elle ajoutait : ’’ L’UNESCO a toujours encouragé les journalistes et les organisations qui les représentent à traiter les questions éthiques et professionnelles en leur sein, afin de parvenir à une vision commune des droits et devoirs de chacun ’’.

Rappelons que Le 16 juin, invité de la PIAP (Presse israélienne à Paris) au CAPE, Meir Shitrit, Ministre israélien des Transports, répondait aux questions des journalistes, notamment à celle d'un journaliste syrien d'un media syrien.
Il semble que la quarantaine de journalistes présents n’aient pas compris la gravité de ces faits, et ce, dans un espace du service public caractérisé par le principe de neutralité.
Pourquoi nos chers collègues sont-ils restés ? Pour ne pas manquer une déclaration du Dr Ali Ahani ? Celui-ci avait déjà tout dit. Il a ensuite alerté les pays européens sur les risques pour leur commerce que représenteraient d’éventuelles sanctions frappant l’Iran.

GIN avoue ne pas comprendre l’attitude de George Malbrunot. GIN s’était inquiété de son sort lorsqu’il avait été détenu par des terroristes islamistes. GIN s’était réjoui de sa libération. Il ne semble pas avoir saisi toute la situation.
La quasi-totalité des représentants de médias occidentaux et musulmans ou/et arabes n’ont pas quitté la salle pour manifester leur opposition à cette violation de la liberté d’expression par un représentant d’une entité islamiste. C’est là une victoire pour ce dernier.
Mais l’ambassadeur d’Iran a été contesté par les questions pointues des journalistes grec, arabes et japonais non acquis à ses idées, vraisemblablement non convaincus.
L’AFP a titré une dépêche : « L’ambassadeur d’Iran en France refuse de répondre à un journaliste israélien ». Car telle était l’information essentielle à retenir de cette conférence de presse.

Le Dr Ali Ahani a surtout montré le vrai visage du régime iranien : discriminatoire, anti-israélien, irrespectueux de droits et libertés chèrement acquises.
Le président Mahmoud Ahmadinejad veut rayer Israël de la carte. Son ambassadeur à Paris a réussi à écarter un journaliste israélien de son lieu de travail, sans susciter d’autres réactions que quelques cris d’indignation isolés.
Cette attitude de ce diplomate constitue un démenti à toutes ses affirmations policées.
De quoi faire déciller les yeux de ceux qui risquaient de croire ses allégations.
GIN a interrogé diverses autorités sur ce fait récent grave et de mauvais augure.
GIN tiendra ses lecteurs au courant des réactions reçues

source : http://www.guysen.com

17:09 Écrit par la vraie sioniste dans lutte contre le terrorisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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