06/10/2006

notre liberte cherie

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Notre liberté chérie
Editorial de la semaine du 07/10/2006

Par Véronique Chemla et Guy Senbel pour Guysen Israël News
Vendredi 6 octobre 2006 à 01:47
Cette semaine, deux valeurs essentielles - la liberté et la vérité - sont au centre de notre éditorial.
Robert Redeker, un professeur français de philosophie, a fait l’objet d’une fatwa, d’une menace de mort émise par des groupements et sites djihadistes.

Son «crime» ? Avoir écrit la tribune «Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ?» - http://www.guysen.com/topnews.php?tnid=1125 -publiée le 19 septembre par le quotidien Le Figaro. Cet intellectuel y citait les écrits d’un célèbre islamologue Maxime Rodinson dans l’Encyclopedia Universalis. Il y analysait aussi les liens entre les trois religions monothéistes - judaïsme, christianisme et islam - et la violence.

Depuis plus d’une semaine, Robert Redeker et sa famille se terrent, protégés par la police, mais devant chercher plusieurs fois par semaine un endroit sûr où dormir.

Une solidarité à réaffirmer
Pourquoi une agence de presse israélienne consacre-t-elle un éditorial à ces faits graves survenus dans l'hexagone ?

Pour une raison simple, fondamentale et universelle : la défense de nos libertés, en particulier celles de pensée et de s’exprimer, et de nos valeurs – au premier rang desquelles la vie - menacées par les islamistes.

Voici une nouvelle intimidation des islamistes qui veulent soumettre l’Occident et faire réagir l’oumma (Ndlr : communauté des musulmans) comme si ceux-ci constituaient un ensemble monolithique face à cet Occident.

De la fatwa de l’ayatollah Khomeiny condamnant à mort en 1989 Salman Rushdie, auteur des «Versets sataniques», aux émeutes d’une rue arabe réagissant violemment, notamment au sein de l’Autorité palestinienne, au discours du pape Benoît XVI à Ratisbonne, l’Occident a-t-il tiré les leçons de ces attaques répétées ?

En 1989, Isabelle Adjani, récipiendaire du César de la meilleure actrice, lut devant un public de politiciens, d’artistes et de techniciens du cinéma médusés, un extrait des «Versets sataniques».
Un acte de courage et de solidarité riche en symboles car il émanait de la fille de Mohammed, un Algérien musulman ayant combattu les Nazis au sein des troupes alliées, et d’Augusta, une Allemande chrétienne.

Plus de 17 ans ont passé. Force est de constater l’appui hélas très réduit dont bénéficie Robert Redeker devenu un «sans-domicile fixe» dans «le pays des droits de l’homme». Certes, on pétitionne pour que Robert Redeker bénéficie d'une protection similaire à celle assurée par les Britanniques à Salman Rushdie persécuté.

Certes, des ministres ont manifesté leur solidarité, mais en invitant à la prudence. Quelques uns ont mis sur leurs blog ou site internet le texte de cette tribune.
De rares voix musulmanes se sont indignées de cette fatwa.
Quelle honte d’entendre des dirigeants d’associations mettre en parallèle les réflexions de Robert Redeker et la violence mortelle qui lui est opposée ! Rien ne justifie la fatwa.
Mais pourquoi ce silence des «belles âmes» - artistes, politiciens, etc. – qui défilaient encore récemment à Paris ?

Combien de médias ont publié la tribune de Robert Redeker ou de larges extraits ? Etonnants médias français qui n’accordent pas à ce compatriote intellectuel la même attention pluri-quotidienne que celle réservée aux journalistes français et à leur traducteur irakien enlevés en Iraq par des islamistes.

Paradoxaux journalistes français qui, d’émissions informatives en rubriques culinaires, annoncent le Ramadan, mais ni Kippour ni le Carême, des fêtes juive et chrétienne caractérisées par le jeûne.
Et ce, au risque d’ostraciser leurs concitoyens fidèles de ces religions occultées, dénigrées par les islamistes, mais qui ont tant contribué à l’histoire nationale et à inspirer des valeurs universelles.

Curieux médias qui ne rivalisent pas pour programmer des émissions spéciales sur les thèmes cruciaux abordés par cette tribune de Robert Redeker en invitant historiens, représentants des cultes et politiciens.
Une belle occasion manquée dans le pays qui a jadis érigé la conversation en art et prône le dialogue des religions et des cultures.

Oui, ce dialogue est nécessaire, mais ce doit être "un dialogue en vérité", c'est-à-dire sans éviter les thèmes les plus sensibles, notamment la vision du monde par l’islam, le statut des non-musulmans, la dhimmitude.

La vérité
C’est aussi le rapport avec la vérité qui distingue Israéliens et Américains des Palestiniens. ’’Le 5 octobre, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a trompé la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice en alléguant que le Hamas doit reconnaître l’Etat d’Israël sinon il devra démissionner’’, estime l’Observatoire des médias palestiniens (PMW).

PMW poursuit : ’’Mme Rice a assuré à Mahmoud Abbas que les Etats-Unis le soutiendraient ainsi que le Fatah dans leur affrontement avec le Hamas. Or, le 4 octobre, Mahmoud Abbas déclarait à la télévision palestinienne que ni le Hamas, ni le Fatah ni le Front populaire n’ont à reconnaître l’Etat d’Israël. Il expliquait que les dirigeants gouvernementaux devaient reconnaître leurs homologues afin de résoudre les problèmes des gens et afin d’obtenir des gains, sans que cette reconnaissance fonctionnelle implique la reconnaissance de l’Etat d’Israël’’.

Le combat contre les islamistes nécessite une réaction unanime de la société lucide et informée, unie et solidaire, sûre de ses valeurs et ferme dans leur défense.
Sinon, ce sont des pans entiers de notre histoire, de notre culture, de notre identité qui seront bannis, et notre avenir même qui sera gravement hypothéqué au nom d’interdits qui ne sont pas les notres. A Valence (Espagne), ce sont les fêtes traditionnelles «Maures et chrétiens» qui n’ont pas lieu «par crainte de réactions islamistes».

A Berlin, la direction de l’Opéra avait décidé de déprogrammer «Idoménée» de Mozart (1781) dans la mise en scène de Hans Neuenfels, par «crainte pour la sécurité du public et de ses collaborateurs». Devant l’indignation d'artistes et de politiciens, elle reconsidèrerait sa décision si des mesures très rigoureuses de sécurité étaient prises.

Malheureusement, cette liste n’est pas limitative…
Ce sont les libertés qui ont permis l’essor des sociétés occidentales.
Ce sont l’absence de libertés, l’ignorance et le statut inférieur des femmes, qui ont contribué au retard du monde arabe ou/et musulman selon un rapport du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) en 2002. Pour ce monde, comme pour le notre, la liberté, cette liberté chérie, réclamée par tant de musulmans, doit être préservée.

Le prix de la liberté
La déprogrammation de «Idoménée» «est plus que risible. C'est dangereux. La mise en scène n'appelle pas à la violence : elle ne dit pas "Allez dans la rue et tuez des musulmans" ", a confié le réalisateur américain Milos Forman, le 29 septembre, à Berlin.
L'auteur de "Amadeus" a poursuivi : "Si nous commençons à avoir peur des extrémismes, nous porterons tous à la fin des costumes de Mao Tsé-Tung. Voulons-nous 100 % de sécurité ? Si oui, il y a un pays où les gens sont totalement protégés contre les étrangers : c'est la Corée du Nord"....
"Nous voulons la liberté, mais nous ne voulons pas en payer le prix», a regretté le réalisateur de "Au feu les pompiers".
Un artiste dont la famille a résisté aux Nazis et qui s’est efforcé de contourner les censures de la Tchécoslovaquie communiste où il a débuté sa carrière.

A la communauté internationale, aux sociétés civiles, de démentir cette opinion…

En cette veille de Souccot, au nom de tous ceux qui font Guysen, nous vous souhaitons de passer une bonne fête dans la joie et la paix.

 SOURCE :http://www.guysen.com

09:17 Écrit par la vraie sioniste dans lutte contre le terrorisme | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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