20/09/2006

la tribu kaka

Les délires antisémites de Tribu Ka en correctionnelle

Cécilia Gabizon .
 Publié le 19 septembre 2006
Actualisé le 19 septembre 2006 : 08h48
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Les adeptes de Tribu Ka ont transformé hier le procès fait à leur leader, Kemi Seba (notre photo), en tribune. Paul Delort/Le Figaro.

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Le parquet a requis hier la fermeture du site Internet du gourou extrémiste noir, Kemi Seba. Auparavant, ce dernier s'était livré à ses habituelles provocations.

 
UNE TRENTAINE de gaillards noirs et de noir vêtus fait sensation dans la salle des pas perdus du tribunal de Paris. «On est la Tribu Ka», dit l'un, au cas où l'assistance n'aurait pas compris. Officiellement, le groupe de suprémacistes noirs est dissous depuis ses opérations d'intimidation contre des juifs, notamment rue des Rosiers. Mais ses adeptes ont profité hier de la tribune offerte par le procès fait à leur leader, Stellio Capochichi, alias Kemi Seba.
 
Assigné en référé par plusieurs associations, dont l'Union des étudiants juifs de France, qui demandent la fermeture de son site Internet, Kemi Seba donne le ton. «Racaille sioniste», crie-t-il à des personnes de confession juive venues suivre l'audience. «Toute l'humanité déteste les sionistes et vous le savez.» Autour, les «frères» saluent leur gourou de «otep, otep» énigmatiques, comme le culte kémite inventé par Seba. Un représentant du groupuscule d'extrême droite Bloc identitaire apparaît, cheveux court et blouson. Le rapprochement entre les deux mouvances semble encore balbutiant (nos éditions du 15 septembre 2006), mais Kemi Seba assure : «Nous avons les mêmes objectifs : séparer les Noirs et les Blancs». Or aujourd'hui, «ce qui m'intéresse, c'est de monter en haut de la pyramide, et ce sont les juifs qui sont en haut», explique le leader de la Tribu Ka.
 
Depuis quelques mois, son ire s'est concentrée sur les «sionistes» et il s'en félicite : «Je n'ai jamais eu autant de soutiens». Son site Internet résume désormais son «programme politique» : désionisation, dédommagement et rapatriement. «On rirait s'il s'agissait juste d'un groupe de désoeuvrés, explique Me Patrick Klugman, l'avocat de SOS Racisme. Mais Internet leur donne une audience qui les rend dangereux.» À longueur de pages, le site de Kemi Seba exalte le complot sioniste, déjà inscrit selon lui dans la Thorah. «Un système global d'oppression mené par des personnes de confession juive.» Des textes délirants brassent les poncifs antisémites, accusent les juifs d'être les premiers des négriers, des tueurs de Kémites (Noirs), expose Me Stéph ane Lilti, l'avocat de l'UEJF ; «Partout où coule le sang kémite, les kippas sionistes ne sont pas loin. Le temps d'éradiquer cette mafia sioniste est arrivé», annonce leur site.
 
«Propos manifestement illicites»
 
L'avocat de Kemi Seba, Me Philippe Missamou, se contente de défendre la liberté d'expression. Mais le parquet de Paris en juge autrement : «Les propos de ce site sont manifestement illicites.» Ils sont caractéristiques d'une «haine raciale et religieuse exclusivement antisémite». Leur caractère est «non seulement déplacé, mais aussi totalement illégal», estime le procureur qui se déclare favorable à la fermeture d'urgence du site Internet du leader de la Tribu Ka. Le président rendra sa décision le 25 septembre, mais Kemi Seba concluait déjà à la sortie du tribunal : «Les dés sont pipés. Le juge est sioniste...» Comme une sinistre ritournelle.

10:58 Écrit par la vraie sioniste | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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