18/09/2006

hachem et elokim

hachem et elokim
Hachem et Elokim
Rav Botschko
jeudi 14 septembre 2006 - 21:05

 

 


Dieu est Un proclamons-nous deux fois par jour. Et pourtant, la Thora le nomme de plusieurs noms. Comment concilier le monothéisme avec Dieu qui se manifeste sous de multiples visages ?

Un des premiers commentaires de Rachi sur la Thora se préoccupe de cette question. Le maître de Troyes remarque que, durant tout le premier chapitre de la Genèse, la Thora dit que Elokim créa le monde. Mais au deuxième chapitre, la Thora récapitule la création et ajoute un nom supplémentaire à Dieu, le Tétragramme, que nous nommerons par  « Hachem » et dit que Hachem Elokim créa le monde et Rachi explique :

« La Thora dit 'Elokim créa' et non 'Hachem créa', car au début l’intention était de créer le monde au moyen de la vertu de rigueur (midat ha-din). Dieu vit qu’ainsi le monde n’aurait pas pu subsister ; aussi la vertu de bonté (midat ha-rahamim) fut alors mise en avant et associée à la vertu de rigueur, comme il est écrit : « à l’époque où Hachem-Elokim créa terre et ciel » (Genèse II, 4).

Rachi nous enseigne donc que le nom Elokim est associé à la rigueur et le nom Hachem à la bonté.

Une petite introduction s’impose pour comprendre ces propos de Rachi et ne pas se méprendre sur son intention. Il faut savoir qu’il n’existe pas chez Dieu de changement. Dieu ne change pas d’avis, Il ne regrette pas, et Il ne subit pas d’influences quelles qu’elles soient. Dieu a tout créé, même le temps, et il n’existe pas pour lui d’« avant » ou d’« après ». Il faut savoir également que Dieu est Un. Il n’y a pas deux autorités, l’une régissant la vertu de rigueur et l’autre la vertu de bonté. Tout est unité merveilleuse. Tout ce qu’ont dit nos Sages qui pourrait sembler remettre en cause cette unité n’a été formulé qu’à des fins pédagogiques : permettre à l’homme de comprendre, d’étudier et d’intérioriser. En effet, « la Torah parle le langage des hommes ».

Aussi, expliquons l’intention de Rachi.

La vertu de rigueur intervient dans la création du monde afin que ce dernier soit digne de la vie qui lui est dispensée par Dieu, qu’il la mérite, faute de quoi, il ne peut subsister. La vertu de bonté permet l’existence de la vie, même si la création ne le mérite pas.

« Au début, il fut question de le créer selon la vertu de rigueur », autrement dit, la création a pour finalité de mériter la vie qui lui est accordée par Dieu. La Torah révèle donc dans le premier verset l’ultime finalité de la création. Certes, jusqu’à ce que le monde parvienne à son parachèvement, à son stade amendé, et réussisse à exister par son propre mérite, il doit être dirigé par la vertu de bonté, à défaut de laquelle « le monde ne peut subsister » et ne parviendra jamais à l’objectif pour lequel il a été créé. Il ne s’agit pas d’un changement dans la création ou dans les projets divins, mais d’une présentation de l’objectif et des moyens pour y parvenir.

Comme nous l’avons dit plus haut, nous évoquons chaque jour à deux reprises l’unité entre Elokim et Hachem, entre la vertu de bonté et la vertu de rigueur, en récitant le Chema : « Écoute Israël, Hachem Elokeinou, Hachem est Un » Hachem désigne Dieu lorsqu’Il agit selon la vertu de bonté, Elokeinou désigne Dieu lorsqu’Il agit selon la vertu de rigueur. Dieu est Un. Il n’est pas question de deux autorités, mais d’une seule réalité qui dirige le monde dans l’unité.

Comment concilier ces deux idées que semblent contradictoires ? 

À première vue, il semble que la vertu de bonté évoque le renoncement, l’indulgence, et que la vertu de rigueur fasse appel aux notions de fermeté et de châtiment. En fait, en profondeur, il s’avère que la vertu de rigueur comporte une immense bonté et que c’est elle qui constitue le don le plus précieux. On ne peut être exigent et rigoureux envers quelqu’un qui suscite la pitié. On n’attend pas d’un homme sans jugement, incapable d’assumer la responsabilité de ses actes qu’il réponde à des exigences élevées ; on se comporte d’emblée envers lui avec indulgence. Par contre, on peut formuler des exigences à l’égard d’un homme qui a un potentiel, des aptitudes, et se comporter envers lui avec sévérité pour qu’il exploite son potentiel, un peu comme un officier entraîne ses hommes : lorsqu’un des soldats déclare qu’il n’est pas capable de faire ce qui lui est demandé, l’officier a deux possibilités : soit renoncer à exiger de lui le moindre effort, auquel cas, le soldat ne réalise pas son potentiel, soit se montrer résolu et inflexible et ainsi, obtenir de grands résultats.

Lorsque Dieu juge ses créatures, Il les considère dignes de répondre à ses exigences et voit en elles des associés dans les activités nécessaires en ce monde. La vertu de rigueur semble à première vue intransigeante, mais en profondeur, elle manifeste la plus grande bonté que Dieu puisse manifester à Ses créatures.

Certes, par ailleurs, la vertu de bonté est aussi une manifestation de rigueur, nous dirons plutôt de justice. Car Dieu a créé l’homme avec deux instincts, l’instinct du bien et l’instinct du mal. Il l’a créé dans l’intention qu’il lutte contre l’instinct du mal et en triomphe à l’aide de l’instinct du bien. Il doit donc lui donner du temps pour qu’il puisse par lui-même surmonter son instinct. Si la vertu de rigueur agissait immédiatement dès la première faute commise par l’homme, à quoi bon créer une telle créature capable de fauter ?

Aussi, rigueur et bonté sont bonté et rigueur et ces valeurs se confondent dans l’unité de Dieu.

En partenariat avec le P'tit Hebdo : www.leptithebdo.net.il


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09:57 Écrit par la vraie sioniste dans judaisme thora | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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